Monday, November 26, 2007

Angerona

Ma relation avec Angerona se poursuit. Je trouve tellement difficile de mettre des mots sur ce que je vis! On dirait qu'elle m'a saisie, qu'elle m'a fait sienne......

Ma vie de tous les jours n'a pas changée. Je me lève le matin, je prend mon café, je vais travailler, je reviens le soir, je vaque à mes occupations, je me couche......... Mais c'est ma vie spirituelle qui est chamboulée.

J'étais "confortable" avec mes dévotions habituelles..... même si Hekate me brasse une fois de temps en temps - elle a remis ça, d'ailleurs, récemment. Et parfois je m'en passerais car c'est la crise de larmes assurée, mais bon, c'est pour mon bien, et je sens que je grandis, alors... - et c'était sécurisant.

Je suis très indisciplinée, et je dois dire que cela s'étend aussi dans ma vie spirituelle. Je fais rarement quoi que ce soit "d'officiel" dans ce domaine. J'ai de la difficulté avec le décorum. J'ai mon autel permanent (ce qui m'amène à une autre difficulté, mais j'y reviendrai) mais il est rare que je prenne le temps de m'asseoir devant, d'allumer encens et chandelles, et de vraiment méditer. Par contre, je fais beaucoup de prières spontanées dans ma vie de tous les jours, et jusqu'à maintenant, ça me semblait suffisant.

Mais il me semble que Angerona se fait une place, et qu'elle demande plus de moi. Elle veut me montrer ce silence qui m'attire tant et depuis si longtemps, mais elle me fait comprendre qu'apprendre ce silence demande de la dédication et de la discipline (soupir). Apprendre ce silence demande que je m'y consacre. Et de façon concrète. Cela demande un travail personnel. Cela demande de prendre un moment TOUS LES JOURS, un moment où mon ordinateur est éteint, où la sonnerie du téléphone est à off... un moment où je me donne à ce silence, et où je l'accueille en moi. Elle me fait comprendre que c'est la seule façon que je pourrai le faire mien, ce silence....

Je sens que mon âme à soif d'elle, d'Angerona. Et de son silence, sa méditation, son recueillement. Je croyais m'être souvent senti proche d'une déesse ou une autre, jusqu'à maintenant. Proche d'Hekate, de Gaïa, ou de Morrigan...... Mais maintenant..... maintenant je comprends, et je vis ce que c'est que d'avoir une déesse patronne. Je n'ai pas l'impression d'avoir choisi Angerona, mais bien plutôt que c'est elle qui m'a choisie. Alors le choix qui me reste maintenant, c'est de me consacrer à elle entièrement. Mon coeur est déjà tout engagé, mais je veux le faire de façon officielle.

Yule est son festival. Elle est la déesse du solstice d'hiver. Alors pour Yule, je veux préparer un rituel de consécration. Et je veux prendre les quelques semaines qui me restent pour m'y préparer sérieusement. Je ne sais pas encore comment je vais m'y prendre, étant donné mon manque d'expérience en la matière. Je sais seulement que je vais essayer d'avoir congé le 21 décembre, et de passer la journée entière dans le silence. Pas d'ordi ni de téléphone. Et possiblement jeûner aussi. Je veux que la journée culmine en un rituel de consécration.

J'ai aussi demandé à un ami illustrateur, de me faire un dessin d'Angerona. Je lui ai expliqué ce qu'elle représente pour moi, et je lui ai envoyé quelques textes. Je devrais avoir le dessin autour du 15. Je vais le faire encadrer, et à partir du 21, il aura une place de choix sur mon autel.

Voilà, c'est tout ce que j'ai pour le moment, et j'apprécirais vraiment, sincèrement, quelques suggestions pour ce rituel.

Je vous remercie, soeurs Myésis.

Wednesday, October 24, 2007

Déesse

C'est curieux. Je suis en train de lire ma leçon 3, sur la Déesse et l'histoire.....

Tout ce qui me vient en tête, alors que je lis, c'est: Comment en est on arrivé à l'oublier? Et je ne parle pas seulement de l'humanité en général.... Je parle de moi aussi!

À 14 ans, la Déesse s'est montrée à moi, avant même que j'aie ce que j'appelle ma "période Jésus". À ce moment, j'ai voulu être Sa prêtresse. Puis Marie-Jeunesse est venu, et j'ai choisi.... Jésus. Il est vrai que la spiritualité de Marie-Jeunesse est centrée sur la Vierge Marie. Alors peut-être qu'en quelque sorte, la Déesse a fait en sorte que je ne m'éloigne pas trop d'elle. Au fond, je ne regrette pas le cours de ma vie, puisque chaque expérience, les bonnes comme les mauvaises, a contribué à faire de moi ce que je suis.

Tout de même, je me surprend à rêver.... À l'époque, déjà, j'avais une soif de sacré, et le christiannisme, bien sur, était ce qui s'offrait le plus facilement à moi. Mais si le culte de la Déesse n'avait jamais été oublié, et si Ses temples étaient aussi présents et facile d'accès qu'une église chrétienne? Alors les choses se seraient peut-être déroulées différemment pour moi. Peut-être que dès 14 ans, j'aurais continué sur cette voie, peut-être que je serais déjà prêtresse...

Je souhaite, de tous mon coeur, que le culte de la Déesse devienne un jour aussi connu et accessible que n'importe quelle spiritualité ou religion...

Wednesday, September 26, 2007

Je m'y remet!

Je viens de lire le blog de Carabosse, au complet. Ça m'a beaucoup rejoint, à bien des aspects. Ça fait du bien, seulement de lire que d'autres vivent sensiblement les mêmes choses que moi. Moi aussi je suis dans un espèce de ralentissement, et je développais de la culpabilité face à cela, et voilà que je découvre que c'est tout à fait normal.

Par contre, Carabosse me semble en général plus.... vaillante (?) que moi. Faut que je me confesse, ici; je suis une grande paresseuse. J'aime pas avouer ça, mais je déteste les choses qui me demandent trop d'efforts. Combien de fois dans ma vie ai-je entrepris des choses pour les abandonner par la suite devant les efforts à mettre pour avoir des résultats. Mes cours de violon, qui ont duré 3 mois. Après avoir essuyé l'humiliation d'avoir faussé sur "Ah vous dirais-je maman" lors du mini-concert de l'école, j'ai plus retouché à mon violon. Mes études universitaires, aussi...... malgré que à l'époque, ma consommation de pot y fut pour beaucoup (arrêter de fumer a été une des meilleurs choses qui me soient arrivées). Enfin, j'essaie d'outre-passer ma tendence à baisser les bras devant l'effort. Je suis vraiment motivée pour ces études de prêtresses, d'autant plus que j'ai décidé de me donner aussi dans la FOI. Alors il est pas question d'abandonner. Lire le blog de Carabosse m'a donné le courage de m'y remettre. J'ai envie de recommencer à écrire ce blog de façon régulière. D'ailleurs, j'ai fini il y a quelques jours de lire le contenu de la leçon 2, que j'ai presque pas commenté. Il me reste à faire le travail final, et je procrastine! Mais là l'envie, et la motivation me revient! Alors ce soir je retrousse mes manches et je m'y met!

Dans un autre ordre d'idée.....

J'ai trouvé un petit magasin de produits naturels où je travaille. Ils y vendent la Diva Cup. J'ai décidé de l'acheter. J'en entends parler à gauche et à droite depuis un bon moment, mais ce qui m'a décidé, c'est d'apprendre que l'usage des tampons pourrais être la cause de mes vaginites récurrentes, puisque le tampon n'absorbe pas que le sang, mais aussi la lubrification naturelle du vagin, et finit donc par en déséquilibrer le pH. J'aurais du y penser!
Je me suis également inscrite sur le Forum Lune Rouge, de Cerridwen, j'ai hâte de le découvrir. (Encore merci, Carabosse, j'ignorais l'existence de ce forum). Je trouve ça bizarre d'apprendre maintenant, à 29 ans, à apprivoiser mes règles. Je vais essayer de mettre la main sur le livre de Miranda Gray, version papier. Je voudrais l'offrir à mes soeurs, du moins aux 2 plus jeunes (l'une a bientôt 16 ans, l'autre bientôt 12). Ma soeur de 18 ans.... sûrement que ça lui ferait du bien aussi, mais je ne sais pas comment la prendre. Elle me donne beaucoup de soucis! À 18 ans, elle ne pense qu'à fêter, à provoquer, à boire, à baiser..... et ce qui me fait de la peine, ce n'est pas qu'elle ait une sexualité active, c'est que cette sexualité ne me semble pas épanouie. J'ai l'impression qu'elle baise par rébellion contre ma mère, et aussi par un profond besoin d'acceptation. J'y trouve un écho de moi-même. J'ai longtemps eu ce même "craving", ce besoin insurmontable d'être acceptée peut importe le prix. Je me suis oubliée, dans certaines relations. J'ai pris un rôle qui n'étais pas vraiment moi. Et je me redécouvre, à l'aube de la trentaine. Je vois ma soeur aller, et je me reconnais en elle (bien qu'elle soit pas mal plus "hardcore" que je ne l'étais moi-même. J'essaie de lui parler, parfois, de l'amener à prendre conscience de certaines choses, mais j'ai l'impression de me heurter à un mur d'incompréhension. Je ne sais pas comment l'aborder. Alors on dirait que j'ai tendence à consacrer mes énergies à mes 2 autres soeurs, plus réceptives. Bref, tout ça pour dire que j'aimerais que mes soeurs apprennent à apprivoiser leur féminité, leur sexualité, leur pouvoir de séduction (et oui, maman, ce n'est pas un péché que de séduire), et cela avant 30 ans! Je me sens bien maladroite, car en même temps, je ne sais comment ouvertement aller directement contre l'éducation que ma mère leur donne. Heureusement, ces 2 jeunes filles ont des tempéraments différents du mien, et vont leur chemin. Jeanne (15 ans) est brillante, et n'hésite pas à aller chercher ailleurs les réponses dont elle a besoin. Catherine (11 ans) est une petite dictatrice! Elle se tient avec d'autre enfants plus âgés qu'elle, et c'est elle qui les mène tous! Alors je ne crains pas trop pour elles......

Wednesday, September 19, 2007

Marie

Je voulais juste partager ici les réflexions qui me sont venues, suite au rituel de dimanche. En contemplant la statue de la Déesse dans le temple, j'avais été prise au dépourvue en y voyant Marie. Je n'ai jamais sorti Marie de ma vie, et j'ai d'ailleurs une petite image d'elle en permanence sur mon autel, mais il y avait des années que je ne m'était pas adressée à elle. Je me demandais bien ce qu'elle venait faire dans ce rituel, et pourquoi elle se manifestait soudain. J'ai réfléchi beaucoup là dessus, depuis. Je me suis rappelé ma période avec Marie-Jeunesse, ou elle était au coeur de ma spiritualité. Faut dire que j'ai appris grandement à la connaître pendant cette période, qui a duré environ 7 ans. Elle était la seule figure de la Déesse que je côtoyais. À l'époque, à l'instar de tous les autres "Marie-Jeunessois" je l'appelais affectueusement Maman-Marie, et c'était vraiment un lien filial que j'avais avec elle. Puis, alors que je me suis éloignée du christiannisme, je me suis aussi éloignée d'elle, tout en gardant pour elle une certaine... reconnaissance. Je crois que sa présence lors de mon tout premier rituel avec le Lotus signifie qu'elle m'accueille, puisque Marie, pour moi c'est l'accueil. Elle s'est rappelé à mon souvenir en m'ouvrant ses bras, puisque c'est ainsi que je l'ai vue:

http://monmondeamoi.blog50.com/images/medium_Vierge_Marie.gif

Et j'ai senti qu'elle m'accompagnait dans ma spiritualité, qu'elle m'encourageait à continuer.... Je l'ai pris aussi comme une invitation à accueillir moi-même d'avantage. Je sais que j'ai tendance parfois à juger, à avoir des préjugés, même si je voudrais pas. Alors j'ai senti que sa présence, son accueil, était un appel à moi aussi accueillir les gens qui m'entourent, même ceux qui à prime abord me disent rien.

Monday, September 17, 2007

Solitude

Je pense aussi que mon humeur générale, présentement, vient du fait que je me sens un peu seule. Ça fait 2 mois que je ne suis plus avec Étienne, et tout le temps que j'étais avec lui, il n'était pas amoureux de moi. Le sentiment d'être aimée me manque un peu. Tout comme celui d'être amoureuse..... Probablement que ça joue sur mon humeur... Et ça m'enrage, parce que j'aimerais ça être indépendante, me suffire à moi même, trouver tout l'amour dont j'ai besoin dans le culte de la Déesse.....

Moment de doutes

Ça va plus ou moins bien en ce moment. Je me sens comme dans le noir. C'est inoui, comment 1 semaine je nage dans la certitude joyeuse que je suis sur la bonne voie, comment tous concorde pour me montrer que j'ai fait le bon choix, celui qui me convient... Et comment du jour au lendemain, tout d'un coup je ne suis plus sûre de rien. Je doute de tout! Je me regarde de l'extérieur, avec ma tête, et trouve que tout ça est silly..... Et mon coeur est perdu parce que je ne sens plus la Déesse non-plus. Et pourtant, même en ne sentant pas, je sais! Comment je peux savoir et douter en même temps? Je me relis, et je vois que j'avais prévu ça! Et un des textes de la leçon 1 dit précisément qu'une prêtresse doute toujours, de tout.

Je crois que c'était le texte de Ruth Bennett....

Je garde confiance, malgré tout, mais je trouve ça difficile, j'aime pas être dans cet état. Ce serait tellement plus simple d'être toujours pleine de certitudes. Mais comme je l'ai si bien dit moi même (....) c'est les doutes qui font avancer. En tk, ça fait du bien juste d'écrire ça sur mon blog, ça me fait comme dédramatiser.... C'est pas si pire que ça, finalement. La Déesse est là quand même, c'est juste que j'ai un peu plus de mal à la voir depuis quelques jours. Je suis encore sur la bonne voie, j'ai juste plus de mal à le "sentir".

Friday, September 14, 2007

Voile

Une situation cette semaine, m'a profondément interpelée, en tant que femme et en tant que prêtresse. Une collègue de travail, une québécoise, a récemment commencé à porter le voile islamique. Ça m'a attristé beaucoup. J'ai essayé très fort de ne pas porter de jugement, mais voilà: je peux à la limite comprendre les femmes arabes qui souvent n'ont pas connu autre chose, mais les québécoises sont reconnues pour être les femmes les plus libérées au monde. Cela m'a semblé un énorme pas en arrière! Ironiquement, c'est dernièrement que je faisais le souhait qu'un jour plus une seule femme ne soit contrainte à se voiler.....

Je l'ai questionnée, le plus respectueusement possible. Je n'ai pas pu m'empêcher de lui exprimer mon incompréhension. Elle m'a simplement dit qu'elle est musulmane. Elle est mariée avec un homme arabe, et au fil du temps elle s'est petit-à-petit convertie. Pour ce qui est du voile, elle m'a seulement dit qu'elle le porte pour une question de respect, sans élaborer d'avantage. Elle est restée très très vague dans ses réponses, me donnant l'impression qu'elle ne savait pas vraiment quoi me répondre, ou alors elle est simplement réservée? Bien sur, elle a été très prompte à préciser que ce n'est pas les hommes qui l'obligent à porter ce voile. J'ai tristement pensé "pas les hommes, non, mais une religion patriarcale, qui diminue les femmes..." Je l'ai portée dans mon coeur et mes prières toute la journée. Qu'elle porte ce voile de son plein gré ou non, elle doit avoir eu son lot de blessures pour faire cela.